Un drone suisse encagé pour des livraisons en toute sécurité

Un laboratoire suisse de l’EPFL a développé un système de cage pliable entourant un drone de livraison, pour minimiser le risque de blessure à son récipiendaire.

Bien que les projets de livraison par drone se multiplient certaines problématiques demeurent encore des freins au développement de cette activité. En matière de sécurité notamment, car livrer un colis dans les mains d’un client implique un risque de contact avec des hélices tournant à haute vitesse. Le chanteur Enrique Iglesias en avait fait la douloureuse expérience en 2015 en tentant de saisir à main nues un drone qui filmait son concert. L’une des hélices lui avait alors bien entaillé un doigt.

Pour limiter ce risque, certains projets pilotes optent pour une livraison par drone jusqu’à une plateforme proche du lieu de livraison final, où un opérateur qualifié se charge de récupérer la machine volante et d’en détacher le colis. Mais des chercheurs du laboratoire des systèmes intelligents de l’École Polytechnique Fédérale de Lausanne en Suisse, ont choisi une autre approche, qui permet de livrer directement un paquet dans les mains du “client”. Ce qui permet par exemple d’acheminer sans risque des médicaments ou des vivres à une personne bloquée dans un lieu inaccessible. Pour ce faire, l’équipe de chercheurs a eu l’idée d’encager sa machine volante dans une structure légère en fibre de carbone. À l’intérieur, un dispositif permet de suspendre une sorte de trousse renfermant le colis d’une masse de 500 grammes au maximum. Ce qui présente le double avantage de protéger le récipiendaire de la livraison d’une blessure par les hélices, mais également de minimiser le risque de crash consécutif à un potentiel contact de la machine avec un obstacle. L’EPFL avait d’ailleurs déjà développé en 2013 une machine pareillement encagée qui pouvait se déplacer au coeur d’une forêt sans craindre de venir percuter les troncs des arbres.La nouveauté est qu’ici, il est possible d’ouvrir la cage afin de récupérer le colis, ce qui a pour effet de couper alors automatiquement les moteurs. Mieux encore, il est possible d’ouvrir totalement la cage afin de remédier à l’un de ses inconvénients majeurs : son encombrement. Ainsi, comme on peut le voir dans la vidéo ci-dessous, la structure dont le design est inspiré des origamis occupe bien moins de place. “Le volume du drone se trouve alors réduit de 90%” chiffre Przemyslaw Kornatowski, l’un des inventeurs de la machine, dans la vidéo.

L’équipe assure avoir développé une application pour en assurer le pilotage, et réalisé des tests sur le terrain. “Durant l’été, nous avons réalisé des livraisons pendant tout un mois de pièces imprimées en 3D depuis notre workshop à l’EPFL, directement aux étudiants” assure Przemyslaw Kornatowski. Ce dernier précise que “les vols ont été un succès” et que son équipe songeait à “accroître ce service“. Un communiqué du laboratoire chiffre à 150 le nombre de vols effectués et “tous réussis“. L’EPFL y précise également que le drone est pourvu d’un “système de sécurité qui l’empêche d’être hacké”.

Revers de la médaille, cette structure protectrice, bien que la plus légère possible, représente tout de même un effort supplémentaire pour le drone qui, du coup, n’est conçu pour emporter dans les airs que des charges de 500 grammes, sur une distance de 2 kilomètres.

 

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